LES MELANGES POUR PRAIRIE AU SERVICE DE L’AUTONOMIE PROTEIQUE

L’autonomie protéique passe aussi par les prairies

Rechercher l’autonomie protéique pour son élevage revient dans un premier temps à se passer d’aliments riches en protéines produits en dehors de l’exploitation, voire parfois à l’autre bout du monde comme les tourteaux de soja. La première idée est de produire des plantes dites riches en protéines sur l’exploitation, comme les pois protéagineux ou fourragers, voire même du soja. Mais on oublie souvent que l’herbe reste de très loin la première source de protéines produite sur notre territoire : 9 millions de tonnes, sur les 17 millions de tonnes de protéines produites chaque année pour l’alimentation humaine et animale.

La quantité de protéines produites par une prairie est largement corrélée avec la quantité de légumineuses présentes dans celles-ci. En effet, elles sont naturellement plus riches en protéines que les graminées, même si ces dernières jouent aussi largement leur rôle (le taux de protéines d’un dactyle est d’environ 14% contre 20% pour une luzerne). Semer des mélanges riches en légumineuses apparaît comme une action indispensable quand on veut renforcer son autonomie protéique.

Trouver le bon équilibre

Décider simplement que l’on va augmenter la proportion de légumineuses dans un mélange pour qu’il contribue à renforcer l’autonomie protéique de l’exploitation ne s’avère évidemment pas suffisant. En effet, un mélange, et donc ensuite une prairie, composé de plusieurs espèces, doit permettre à chacune d’elles de jouer son rôle au cours de l’année, mais aussi tout au long de la durée de vie de la culture.

Il existe de nombreux pièges à éviter. On peut notamment citer :

-semer une proportion d’une légumineuse très « agressives », type trèfle blanc, qui va étouffer les autres composants du mélange

-semer une légumineuse qui ne supporte pas les hivers trop rigoureux (luzerne à dormance élevée), dans une région où les températures négatives sont fréquentes, qui disparaîtra et à la place de laquelle vont se développer les adventices.

-semer une proportion trop forte d’une légumineuse météorisante, comme le trèfle violet, qui va rendre la prairie impropre au pâturage.

Pour ne pas se tromper : miser sur le label

Composer son mélange riche en légumineuses pour un fourrage riche en protéines n’est donc pas si simple. Les paramètres à prendre en compte sont nombreux et ne se résument pas à la teneur en protéines des espèces et variétés.

Heureusement, il existe un moyen facile pour ne pas commettre d’erreur : le Label France Prairie. Il vous assure des mélanges dont la composition va suivre des règles strictes, édictées par l’Association Française pour la Production Fourragère, qui rassemble l’expertise des principaux organismes techniques spécialistes des fourragères. Elle vous assurera de la bonne adaptation de votre mélange à l’usage auquel vous le destinez (fauche, pâture ou mixte) et au type de sol de votre exploitation.

De plus, les mélanges labélisés ne comptent que les meilleures variétés pour les principales espèces fourragères. Ils vous garantissent donc aussi de bénéficier pleinement de l’apport du progrès génétique.

De quoi avoir l’esprit tranquille… et le plein de protéines dans son fourrage !